
Dieu n’exige de nous que simplicité au dehors et amour au-dedans. En réalité, qu’ils sont faciles et simples les chemins de Dieu, lorsqu’on marche en esprit de confiance, le cœur libre et fixé sur lui. Les chemins du Seigneur sont simplicité ; son joug est doux et son fardeau léger. S’il faut mourir au monde, c’est pour naître à Dieu, et dans les austérités d’une vie de silence et de solitude, il y a la douce joie d’un cœur qui trouve son bonheur dans la simplicité.
Celui qui suit le Christ, le suit sur l’unique chemin de la croix ; en aimant la croix, j’estime que l’on obtient tout. Dieu éclaire toujours le cœur de celui qui aime et qui cherche Dieu avec simplicité. Le chemin de la sainteté, je le vois de plus en plus simple. Il me semble plutôt à retirer des choses qu’à en ajouter ; il se ramène progressivement à la simplicité, plutôt qu’il ne se complique avec des choses nouvelles.
~ Saint Raphaël Arnáiz Barón, saint patron des JMJ de Madrid en 2011.
Dieu vaut la peine, voilà ce que nous livre ce saint moine espagnol trappiste pétri pourtant de la spiritualité du carmel et qui exprime si bien ce que nous essayons de vivre. Se former c’est une façon concrète et efficace de se rendre plus capable de discerner et de répondre à Son appel. C’est la raison pour laquelle, avant de parler de la durée et du parcours pour devenir carmélite, nous présentons quelques principes que nous trouvons essentiels :
Une humanité bien incarnée
Être une bonne moniale, cela passe par notre humanité. Eh oui, la grâce de Dieu s’appuie sur notre nature ! Elle en est le socle. Toute bonne formation religieuse qui se respecte devra donc veiller à former chaque personne à une humanité intégrale. Notre Carmel y veille.
La connaissance et estime de soi est donc essentielle pour devenir carmélite : connaître son rythme, le fonctionnement de son corps, ce que nous aimons et nous n’aimons pas, nos dons et talents, nos désirs, nos besoins, nos défauts… Le Seigneur ne nous crée pas à la chaîne, chaque âme est absolument unique et il est important de découvrir les trésors qu’Il a déposés en nous. Y progresser doit être une conséquence naturelle de notre formation.
Un esprit bien formé
Notre formation religieuse inclut également une formation intellectuelle, théologique et spirituelle adaptée à chacune. Notre objectif est de devenir de bonnes carmélites et pas des Docteurs en théologie… même si l’Ordre du Carmel en compte parmi les plus grands 😁!
Chaque semaine, durant toute la formation initiale, nous avons différents cours qui s’échelonnent par semestres. Ils nous sont donnés par différentes « voix » de l’Église : frères carmes des deux provinces, carmélites de notre Carmel et d’autres monastères, dominicains, Communauté St Martin, vierges consacrées… comme le souhaitait Sainte Thérèse d’Avila qui désirait une grande liberté catholique pour le développement de ses filles. Nous profitons aussi de cours en ligne. Chaque Sœur qui le souhaite suit également la formation diplômante de l’Institut Saint Jean de la Croix.
Au-delà de la formation théologique et intellectuelle que nous venons d’évoquer, la formation spirituelle est évidemment notre plus grande préoccupation. Elle est naturellement assurée par l’Ordre, tout d’abord par les rencontres régulières avec la maîtresse des novices et notamment par des conférences et retraites prêchées par nos Frères Carmes. Sainte Thérèse désirait pour ces filles que chacune ait la liberté de choisir son propre directeur spirituelle (« accompagnateur »), ce qui est toujours le cas aujourd’hui.
Aussi, dans notre Carmel différents prêtres assurent la messe et la confession régulière : nous leur en sommes très reconnaissantes, et la diversité des prêtres envoyés par notre évêque pour nous assurer les sacrements nous est chère !
La formation n’est pas réservée au seul noviciat : une moniale se forme tout au long de sa vie par une étude personnelle et également par des temps d’enseignements reçus en communauté.
Des connaissances pratiques qui se transmettent
Hormis la connaissance d’ordre intellectuelle et spirituelle, nous nous partageons les connaissances et savoir faire héritées des Sœurs qui nous ont précédés à travers les âges, ou grâce à ce que chacune avait appris avant d’entrer au monastère : agriculture, couture, paperolles, broderie, cuisine et pâtisserie, travaux manuels variés, bricolage, peinture, dessin, calligraphie, chant, musique… et la liste est longue ! Un temps est consacré pour le développement des dons personnels des novices.

En combien de temps devient-on carmélite ?
Pour devenir carmélite, il faut 9 ans de formation, minimum. Ces années se découpent en différentes étapes que nous décrivons ci-dessous d’une manière concise. Bien évidemment, la personne reste libre jusqu’au bout de continuer ou de partir à tout moment.
1 année en tant qu’Aspirante : en général, elle reste dans le monde, visite la communauté régulièrement pour mieux la connaître et affine ainsi son désir – ou non – de rentrer au Postulat. Les modalités concrètes de l’aspirante sont à discerner avec la maîtresse des novices en fonction des situations de chacune.
1 année en tant que Postulante : elle habite le monastère et reçoit l’uniforme des postulantes : robe brune et petit voile blanc. Elle commence à vivre la vie des Sœurs avec un emploi du temps adapté pour lui permettre de s’acclimater au rythme de la vie monastique. Si l’expérience est concluante, qu’elle désire entrer au Noviciat et que la Communauté l’accepte, elle devient donc Novice.
Deux années en tant que Novice : à son entrée au noviciat elle reçoit l’habit de carmélite (cérémonie de vêture) avec le voile blanc des novices et son nom de religieuse. C’est le moment clé du discernement. La formation se poursuit et s’approfondit. Elle continue de découvrir théoriquement et concrètement la prière, la spiritualité de l’Ordre, la communauté… et cela lui permettra de se préparer au don d’elle-même, à travers ses premiers vœux qu’elle prononcera à la fin de cette période.
Entre 5 et 6 ans – le temps des vœux temporaires : Ce temps volontairement long est donné pour que la religieuse expérimente cette nouvelle vie dans sa plénitude, afin de voir si elle désire et si elle est capable de s’y engager pour toute sa vie.
Vœux solennels : ça y est, elle devient officiellement religieuse carmélite à part entière en prononçant ses vœux solennels ! Elle est désormais consacrée à Dieu pour toujours. C’est à ce moment-là qu’elle recevra le voile noir. Bien évidemment, comme nous l’avons mentionné plus haut, la formation d’une religieuse est continue, puisque le but premier de notre formation est de mieux connaître Celui que l’on veut mieux aimer…

Vous êtes attirée par notre vie et par la spiritualité du Carmel ? Vous avez des questions sur une possible vocation ? Nous vous invitons à entrer en contact avec la Maîtresse des novices via notre page nous contacter ou via le téléphone de l’accueil du monastère disponible au même endroit. En parallèle, vous pouvez également découvrir quelques ouvrages que nous conseillons via notre petite bibliographie.