L’appel – tout comme la réponse – doit être intérieur, même si elle a forcément des répercussions sur notre façon de vivre. Aussi, ce n’est pas parce que l’on nous « voit bien prêtre/religieux/religieuse », qu’il y a un appel et à l’inverse si on ne nous « voit pas prêtre/religieux/religieuse » qu’il n’y en a pas. Discerner un appel sur des critères purement extérieurs serait une erreur. Dieu parlera de ma vocation à mon cœur.
Après avoir découvert ce désir tout particulier dans notre âme – qui peut faire un peu peur, au début – et les clins d’œil du Seigneur, on se demande ce qu’il convient de faire ensuite.
Notre premier conseil : respirer un bon coup ! 🙂 Cela peut paraître vertigineux, voire effrayant, de découvrir qu’il y a peut-être un chemin différent pour nous que ce que nous nous étions imaginés, mais n’oublions pas que Dieu est Bon et que discerner notre vocation est d’abord une invitation à vivre une très belle aventure intérieure qui mérite d’être savourée à chaque étape.
Dieu nous aime et désire le meilleur pour nous. Il souhaite nous combler de son amour et nous rendre heureux : ne perdons jamais ça de vue ! S’Il nous propose quelque chose, une autre voie, c’est d’abord pour nous-même. D’abord pour notre propre joie !

Ceci étant dit, d’une façon volontairement schématique, on pourrait résumer en quatre points ce qui peut aider à progresser dans son discernement :
1) Parler avec le Seigneur de ce désir qui nous habite, lui confier nos interrogations, nos peurs, nos doutes, nos joies. Lui dire notre confiance ou notre désir de lui faire confiance.
2) Vivre pleinement son devoir d’état : il faut mener une vie qui correspond à notre réalité actuelle. Si nous sommes étudiants, il faut d’abord travailler pour être de très bons étudiants dans l’esprit chrétien. Si nous avons un travail, c’est la même chose. Dieu nous y attend. C’est dans cette réalité qu’Il nous parlera et que nous y verrons plus clair. Que faisait Saint Pierre lorsque le Seigneur l’a appelé ? Il essayait de pêcher du poisson, puisqu’il était pêcheur ! Il menait pleinement sa vie ordinaire. C’est là que Jésus le rejoint.
3) Essayer de mieux se former : cela ne veut pas forcément dire d’aller prendre des cours de théologie, mais de fréquenter davantage la Parole de Dieu, connaître mieux ce que l’Église nous enseigne dans sa doctrine, découvrir des vies de saints et notamment celles des fondateurs des grands Ordres religieux.
4) S’en ouvrir à une personne plus expérimentée. Une personne de confiance. Cela peut-être un religieux/une religieuse avec qui nous avons déjà parlé, un prêtre avec qui nous nous sentons à l’aise, le service des vocations du Diocèse… Avec l’aide d’un bon accompagnement, d’une oreille attentive et du temps, les choses deviendront plus claires. Il faut être patient, tout en prenant la question de la vocation au sérieux (ne pas la laisser trainer) dans le calme.
Rappelons-nous que discerner se fait toujours dans le réel et non pas seulement dans sa tête. Une fois que l’on est capable de reconnaître ce qui nous attire – un mode de vie, une famille spirituelle, certaines figures de sainteté, certaines dévotions ou façon de prier, etc. – et que le désir de creuser l’appel de Dieu est toujours là, il faut donc passer à l’étape suivante et aller se confronter au réel !
C’est le moment d’expérimenter un peu et de goûter ce qui nous attire en nous y approchant : rentrer en contact avec une Sœur ou un Frère d’une communauté qui nous plaît pour y poser des questions, vivre une messe avec eux ou bien assister à des Offices, y prendre un temps de retraite… Et rien n’oblige à dire quoi que ce soit sur soi-même dans un premier temps ! Il est possible de faire tout cela, sans dire que l’on discerne une vocation particulière, mais vous pouvez aussi le faire si vous le souhaitez : c’est la grande liberté des enfants de Dieu !
Un jour, avec un bon accompagnement et après quelques allers et retours dans le réel, cela fait « tilt » : toutes les pièces du puzzle s’assemblent ! On est capable de reconnaître nos vrais désirs, ce que l’on cherche vraiment en laissant le superficiel de côté.
Voilà que le moment d’assoir notre réponse est arrivé ! Eh oui, Dieu a proposé, mais Il attend que nous lui répondions d’une manière plus affirmée. C’est à nous de choisir et de répondre par « oui » ou par « non » à un appel qui est devenu plus concret grâce à tout ce chemin que l’on a parcouru ensemble. Exemple : je ne dis pas oui/non à « un appel à une vie consacrée » (dans le flou), je dis oui/non à « une vie de moine bénédictin dans le monastère de Saint-Wandrille. »
