L’appel

Je suis à vous, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ?

Je suis vôtre, car vous m’avez créée,
Vôtre, car vous m’avez rachetée,
Vôtre, car vous m’avez supportée,
Vôtre, car vous m’avez appelée,
Vôtre, car vous m’avez attendue,
Vôtre, car je ne me suis pas perdue,
Que voulez-vous faire de moi ?

~ Sainte Thérèse d’Avila

 Comme nous l’avons vu dans la page précédente, lorsque nous parlons de vocation, nous parlons d’un appel de Dieu. Derrière ce mot qui peut paraître parfois bien mystérieux, il y a une réalité bien concrète qu’il s’agit de découvrir, de goûter, d’apprivoiser, jour après jour, dans le quotidien de notre vie avec Dieu.

 Parfois, les gens peuvent imaginer l’appel comme une sorte d’évènement « extra-ordinaire » qui adviendrait tout d’un coup, dans une apparition subite du Seigneur ou une révélation bruyante qui tomberait comme un couperet : « Tu seras [vocation] à [tel endroit] dans [telle communauté] ! », cela nous donnerait alors la preuve absolue et irréfutable d’être appelé et par conséquent un chemin obligatoire à emprunter pour y répondre… Eh bien, en général ça ne se passe pas comme ça !

 Pour la grande majorité des cas, Dieu ne parle pas ainsi… et pourtant Il nous parle vraiment ! La vocation est d’abord et avant tout une histoire d’amour. Pour cette raison, le Seigneur respecte infiniment notre liberté et le temps dont nous avons besoin pour réfléchir et nous décider à Lui répondre. Il ne s’impose pas. Dieu propose la vie consacrée, mais ne la force jamais. Notre réponse doit être réfléchie ; cela peut prendre du temps, parfois quelques mois, parfois quelques années.

 Comme la Bible nous le montre, Dieu nous séduit comme le plus galant et délicat des prétendants* et Il désire notre réponse. On voudrait que la clarté vienne soudainement, mais le Seigneur se révèle pas à pas, comme dans toute belle histoire d’amour. En général, on ne passe pas directement de la première rencontre au mariage, il y a entre ces deux moments, un chemin à parcourir à deux, une intimité à déployer.

 L’appel est comme une graine qui pousse et prend racine en son temps. Le plus souvent cela commence par un attrait : un désir d’une plus grande intimité avec le Seigneur, de plus de temps de prière et de silence, une plus grande fréquentation des sacrements, un désir de se donner dans diverses activités paroissiales, missionnaires ou caritatives… Faire tout cela nous plaît, mais ne nous suffit pas ; il y a une soif de plus. La vie laïque que nous menons, qui est pourtant si belle et si riche quand elle est pleinement vécue chrétiennement, semble devenir trop « étroite ». On y trouve Dieu, mais pas assez, selon notre cœur.

 S’ajoute quelques clins d’œil du Seigneur, propre à chaque histoire : des moments vécus dans la prière, une discussion ou une rencontre, un livre de saint ou un témoignage sur Internet, bref, des éléments qui viennent nous « titiller ».

 On finit par se dire : « Et si le Seigneur m’appelait, moi ? » ou bien « Et si j’étais appelé(e) à devenir prêtre/religieux/religieuse ? » Vertige, joie, peur, excitation, doute, bonheur… tout y passe, et c’est normal !

 Après avoir accepté le fait qu’il s’agisse peut-être d’un appel, on passe à la prochaine étape : comment discerner ? Comment répondre ? Que répondre ? C’est ce que nous allons voir, sur la page suivante !

* Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. Jérémie 20,7a

Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime. Isaïe 43,4a

Il parle, mon bien-aimé, il me dit : Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Cantique des cantiques 2,10

Je ferais de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur – Osée 2,21-22