L’aventure de la vie spirituelle

 Cette recherche de Dieu, dont nous avons parlé dans la page précédente, est appelée « la vie spirituelle ».

La foi est une histoire personnelle : une rencontre et un dialogue entre un être humain et son Dieu. Incroyable mais vrai : parmi les milliards d’hommes sur la terre actuellement, Dieu nous connaît par notre prénom. Il veut nous parler, nous laisser parler, nous écouter, nous rendre heureux, nous révéler un Amour aux dimensions infinies et aux surprises nombreuses. Cette conviction qu’il existe une relation personnelle entre Dieu et chacun de nous fonde l’aventure spirituelle.

~ Vite, réponds-moi Seigneur, Alain Mattheeuw, sj.

 Nous pouvons donc, par grâce de Dieu, entrer en relation avec Lui. D’ailleurs, Lui-même nous a dit qu’il s’agit de Son plus grand désir ! Il nous a créés pour cela. Quelle bonne nouvelle ! Le Seigneur nous dit dans la Bible qu’Il « trouve ses délices parmi les enfants des Hommes », Pr 8,31. Avez-vous déjà pensé, que Dieu veut trouver en vous sa joie ?

 Ayant connaissance de cela, ne serait-ce pas dommage de passer à côté de cette aventure – entrer en contact avec Dieu – qui est la plus grande qui puisse exister ? Y aurait-il quelque chose de plus important et de plus exaltant ?

Car l’heure des saints vient toujours. Notre Église est l’église des saints. Qui s’approche d’elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle. Mais notre Église est l’église des saints. Pour être saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ? Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure ? Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure.

~ Les Prédestinés, Georges Bernanos.

 Alors qu’attendons-nous ? Partons à l’aventure ! Qu’est-ce qui serait plus désirable que de vivre éternellement d’un bonheur parfait ? De commencer à goûter à cette éternité bienheureuse et d’en vivre dès maintenant ! Dieu étant la source de tout amour et de toute paix, source de notre joie profonde, nous pouvons, dans l’aujourd’hui de notre quotidien, en faire l’expérience. Pas la peine d’attendre la dernière extrémité de notre vie – d’ailleurs, qui peut prédire ce jour ? – pour devenir des chercheurs de Dieu, ni même d’espérer au hasard : « peut-être bien que oui, peut-être bien que non »…

L’aventure spirituelle est personnelle, mais puisque « nul homme n’est une île entière en elle-même », alors nous devons la vivre ensemble, en Église et pour le monde. Comme nous l’enseigne la foi, nous sommes tous liés les uns aux autres. En ce sens, lorsque j’avance dans cette recherche j’entraîne tout le monde avec moi. Comme le disait Elisabeth Leseur « Toute âme qui s’élève, élève le monde » ! Si nous oublions cette dimension « communautaire » de notre foi, la vie monastique perdrait alors une partie importante de sa valeur et son sens profond.

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