Tous les hommes recherchent d’être heureux ; cela est sans exception; quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. (…) La volonté [ne] fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre.
~ Blaise Pascal, Pensées.
Qu’est-ce que je désire ?
Comment je le recherche ?
Qu’est-ce que le bonheur ?
Voilà trois questions dont les réponses déterminent le cours d’une existence. C’est à partir de la réponse réelle et mise en acte à ces questions que nous découvrirons quel est le sens de notre vie. Nous allons donc faire un peu de philosophie… désir, recherche et bonheur, essayons d’y voir plus clair :
Désir
Désirer fait partie de l’existence humaine. Saint Augustin disait d’ailleurs que « nous avons la valeur de ce que nous désirons ». Que désirons-nous vraiment ? En général, beaucoup de choses parfois même contradictoires. Nous cherchons aussi un certain épanouissement, de l’argent, des plaisirs, du confort, des biens… Ces choses, en elles-mêmes, sont bonnes et importantes, mais elles seront toujours plus petites que nous. Donc, comme disait Saint Augustin, nous aurons la valeur, la beauté et la grandeur de ce que nous désirons. Pour cette raison, un chrétien est quelqu’un de très ambitieux puisque ce qu’il désire n’est rien de moins que Dieu !
Recherche
La recherche active de ce que nous désirons est un signe de bonne santé. C’est même un mouvement naturel. C’est la preuve que notre désir est vrai ! Une recherche sera toujours exigeante. Parfois – et le plus souvent – elle sera aussi difficile, mais la valeur de ce que nous désirons la justifiera. D’ailleurs, cela s’exprime déjà dans notre façon de parler : quand nous disons que quelque chose « vaut la peine », cela sous-entend qu’il y aura une peine, mais que la chose que nous cherchons vaut plus que cette « peine » là.
Bonheur
Le bonheur est ce qui nous arrive lorsque l’on a trouvé ce que l’on cherchait. Notre bonheur est proportionné à la possession de celui-ci. Plus mon désir est grand, plus mon bonheur sera grand lorsque j’arriverai à posséder l’objet de mon désir. Le chrétien – et combien plus le moine et la moniale – a choisi d’avoir pour objet principal de son désir Dieu Lui-même. Et puisque Dieu est Amour, qu’Il est infini et transcendant, alors il n’y a donc pas de plus grand bonheur que celui d’être uni à Lui…
Le moine et la moniale, ne sont donc rien d’autres que des chrétiens qui décident de s’engager de toute leurs forces dans la recherche de ce Dieu dont ils se savent aimés. Ils veulent voir Dieu, déjà dans cette vie, ils veulent s’unir à Lui, ils veulent L’aimer, Le connaître et Le servir, plus que tout. Voilà donc ce à quoi nous aspirons, nous, vos sœurs carmélites de Pontoise !
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